CANON EOS 5
Au doigt et à l'œil !
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L’EOS 5 est le premier Canon d’une longue lignée et l’un des premiers appareils à faire le pont entre les amateurs et les pros. Aujourd’hui encore, les Canon EOS 5, dans leurs versions digitales, font la loi sur le marché. Presque aussi performants que le très professionnel EOS 1 tout en étant plus innovants et surtout beaucoup moins chers. C’est le concept d’un EOS 5, qu’il date des années 2010 ou des années 90.
Si de nos jours, l’EOS 5 se distingue des autres reflex grâce à ses performances vidéo, en 1992, son petit plus tenait dans le viseur : l’autofocus pouvait être commandé à l’œil ! Quelle drôle d’idée. Quelle brillante idée ! Tandis que la plupart de ses concurrents ne proposent qu’une mire centrale pour la mise au point, le Canon EOS 5 en propose 5, répartie dans le viseur. Pas besoin de manipuler un pad ou une molette pour choisir telle ou telle mire, il suffit de regarder celle qu’on veut et c’est là que se fait la mise au point. Génial. Plus besoin de -1- faire le point et -2- composer son image. Non seulement c’est une petite révolution dans la façon de cadrer mais c’est également une vraie prouesse technologique. Souvenez vous, on est au début des années 90. Et, histoire que l’appareil ne se résume pas à un simple gadget perfectionné, il embarque une mécanique aux performances de tout premier ordre : obturateur capable du 1/8000, une synchro flash au 1/200, une gamme de sensibilité allant de 6 à 6400 ISO, le choix entre trois modes de mesure (globale sur 16 zones, centrale pondérée et spot), et n’oublions pas une belle rafale à 5 images / seconde. Certes, d’autres font aussi bien ou mieux (le Nikon F801 et le Pentax Z1 offrent la synchro flash au 1/250 par exemple) mais aucun ne propose le fameux système de contrôle à l’œil, et si on compare avec aujourd’hui, plus de 20 ans plus tard, les performances mécaniques de nos reflex numériques, même pro, n’ont pas beaucoup, voir pas du tout, évolué.
Côté prise en main, là encore c’est très bien pensé. Son design (initié par les EOS 620/650 en 1987) confère une excellente ergonomie à l’appareil et ses nombreux modes de prise de vue le rendent prêt à affronter à peu près n’importe quel type de situation. Les désormais classiques modes priorité vitesse / ouverture sont bien là, ainsi que tout un tas de modes « intelligents ». Le viseur est très agréable et n’est pas avare en information (vitesse, ouverture, flash ready, verrouillage AE, niveau de compensation d’exposition et de bracketing, etc.). Je pense qu’il est inutile de vous expliquer combien cet appareil relève de l’excellence et donc de vous dire qu’il est capable de délivrer des images parfaitement nettes et exposées, même dans les situations les plus délicates, pour peu que vous sachiez l’exploiter. Il restera d’ailleurs longtemps au catalogue Canon. Il sera même disponible en neuf jusque dans les années 2000, bien qu’ayant été remplacé par l’EOS 3 en 1998, lequel EOS 3 proposera une version améliorée du système de contrôle oculaire avec 45 mires et ne disparaitra des rayons qu’en 2007. Dans le monde de la photo, une telle longévité est preuve d’un appareil bien né.
Curieusement, ce système si bien pensé ne fut jamais intégré aux modèles numériques, pas plus qu’aux Canon argentines pro (EOS 1). Pas assez fiable ou pas assez précis ? J’en doute. Les pro seraient-ils un peu trop oldschool pour se laisser aller à une telle débauche de fantaisie technologique ? Je n’en sais rien mais je me souviens avoir eu la chance d’essayer un EOS 5 dans les années 90, et j’avoue avoir trouvé ce système de mise au point aussi agréable à utiliser que redoutablement efficace. Mais les habitudes ont la vie dure. Il n’empêche, à mon humble avis, ce Canon est un youngtimer particulièrement fréquentable pour qui à envie de shooter de la pellicule avec un appareil à la fois fiable, réactif et efficace. OK, c’est un autre délire argentique, moins lomo, moins tout manuel, mais je ne vois pas pourquoi le film serait la chasse gardée d’une école élitiste et rétrograde. Bref, quelque part entre le Leica M et le dernier Canon 5DR, il y a les bombes pro et semi pro de la décennie 90, des appareils aussi affutés que des formules 1 dont l’EOS 5 est l’un des plus beaux représentants, l’originalité en plus. À collectionner d’urgence !
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Fiche technique
Fabricant
CANON
Produit de 1992 à 1998 (vendu neuf jusque dans les années 2000)
Type
Reflex 24x36 autofocus
Monture
Canon EF
Fonctionnement
Mise au point autofocus à contrôle oculaire sur 5 mires réparties horizontalement
AE priorité ouverture
AE priorité vitesse
AE profondeur de champ
AE programmes intelligents
AE mode 4 programmes
Mode manuel
Mesure de la lumière sur 16 zones / cellule au silicium
Gamme de sensibilité
Manuelle 3 - 6400 ISO / codage DX 25 - 5000 ISO
Obturateur
1/30s - 1/8000s (synchro flash 1/200)
Dimensions
154x121x74 mm
Poids
675g
Alimentation
Pile(s) 1 x 2CR5 (6V lithium)
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Auteur - Th/V
Photos © Canon





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